Prise en charge de l'épaule douloureuse
- Arnaud

- 28 mars
- 22 min de lecture
Rappel anatomique:
L’épaule compte 3 articulations « vraies » et 2 articulations « fausses » qui sont des plans de glissements.
Art. gléno-humérale
Art. acromio-claviculaire
Art. sterno-claviculaire
Muscles de la coiffe : Mise en tension musculaire / Stabilisation tête huméral dans la glène /proprioception

Supra-épineux
Infra-épineux
Sous-épineux
Petit rond
Un bilan avant tout :
Comprendre le problème du patient
Émettre des hypothèses
Ne pas passer à coté d’une éventuelle contre indication (Red flag)
Avoir une planification
Orienter correctement son traitement
Éviter de perdre du temps
✅ Nous nous appuyons sur un bilan de qualité, ainsi nous donnons les chances de proposer au patient un traitement individualisé et d’optimiser son retour à la normale.
Tests cliniques :
Épaule instable

GIRD (Gleno-Internal Rotation Deficit) : On l’évalue en mesurant les amplitudes passives de l’épaule, le plus souvent en décubitus dorsal, épaule à 90° d’abduction, en comparant la rotation interne et l’arc total de rotation avec l’autre côté. Un GIRD significatif oriente vers une raideur postérieure capsulo-musculaire et peut être associé à des douleurs d’épaule chez les sportifs overhead. Ce n’est donc pas un test “positif/négatif” au sens strict, mais plutôt une mesure clinique comparative.
Jerk Test : Ce test recherche surtout une instabilité postérieure ou postéro-inférieure de l’épaule, souvent en lien avec une lésion du labrum postérieur. Le patient a le bras à 90° d’abduction, en rotation interne ; l’examinateur applique une compression axiale dans l’axe de l’humérus, puis amène le bras en adduction horizontale. Le test est considéré positif si cela provoque un clunk/ressaut postérieur du humérus, parfois associé à une douleur. Un jerk test douloureux est particulièrement évocateur d’une lésion labrale postérieure.
Kim Test : Le Kim test sert également à dépister une lésion postéro-inférieure du labrum. En position assise, bras à 90° d’abduction, l’examinateur applique d’abord une charge axiale, puis associe une élévation oblique du bras avec une force postéro-inférieure sur la partie proximale du bras. Le signe positif est surtout l’apparition brutale d’une douleur postérieure d’épaule, avec ou sans clunk. Ce test est souvent décrit comme plus sensible pour les lésions à composante davantage inférieure, alors que le jerk test repère mieux certaines lésions plus postérieures ; les deux sont souvent combinés.
Porcellini Test : il vise le diagnostic des lésions du labrum postérieur. Le bras est placé en flexion antérieure à 90°, en adduction de 10–15° et en rotation interne maximale. Le patient tente ensuite d’élever le bras contre résistance pendant que l’examinateur stabilise la scapula et note la douleur ou la faiblesse. Dans un second temps, l’examinateur place son pouce latéralement à la ligne articulaire postérieure et exerce une force antérieure modérée pour empêcher la subluxation postérieure ; si la douleur ou la faiblesse diminuent/disparaissent, le test est considéré positif.
Sulcus Test (signe du sillon): est un examen orthopédique évaluant l'instabilité inférieure ou la laxité de l'articulation gléno-humérale (épaule). Il consiste à tirer le bras détendu du patient vers le bas ; l'apparition d'un creux sous l'acromion (> 1-2 cm) indique une laxité des ligaments supérieurs/capsulaires.
Lésion SLAP

SLAP : Une lésion SLAP (Superior Labrum Anterior to Posterior) est une déchirure du bourrelet supérieur (labrum) de l'articulation de l'épaule, souvent associée au tendon du biceps.
Distraction Test : Test utilisé pour rechercher une lésion supérieure du labrum (SLAP). Le patient est en décubitus dorsal ; l’épaule est amenée en flexion antérieure élevée et l’avant-bras en pronation, ce qui met en tension l’ancrage du biceps et le labrum supérieur. Le test est considéré positif si cette mise en position reproduit une douleur d’épaule, décrite dans la littérature comme apparaissant notamment vers 150° de flexion.
Bicep Load : Test destiné à dépister une lésion SLAP. Le patient est en décubitus dorsal, l’épaule placée à environ 120° d’élévation, en rotation externe maximale, avec le coude fléchi à 90° et l’avant-bras en supination. On demande ensuite au patient de fléchir le coude contre résistance. Le test est positif si cette contraction provoque ou majore une douleur profonde intra-articulaire, évocatrice d’une atteinte du labrum supérieur.
O'Brien Test: Test utilisé pour orienter vers une lésion SLAP ou une atteinte de l’articulation acromio-claviculaire. Le patient place le bras à 90° de flexion, avec environ 10 à 15° d’adduction, coude tendu ; on teste d’abord avec le pouce vers le bas (rotation interne/pronation), puis on répète avec l’avant-bras en supination. Le test est positif pour une atteinte SLAP si la douleur est profonde/intra-articulaire en position pouce vers le bas et s’améliore en supination. Une douleur plutôt superficielle sur le dessus de l’épaule oriente davantage vers l’AC joint.
Conflit sous-acromiale
Hawkins Test : Le bras est placé à 90° de flexion antérieure, avec le coude fléchi à 90°, puis l’examinateur impose une rotation interne de l’épaule. Le test est positif s’il reproduit la douleur habituelle de l’épaule, ce qui oriente vers un conflit sous-acromial.
Arc Douloureux: Le patient élève activement le bras en abduction. Le test est considéré comme positif si la douleur apparaît surtout entre 60° et 120°, ce qui évoque une atteinte de l’espace sous-acromial. Une douleur plus haute, vers 150–170°, oriente plutôt vers l’articulation acromio-claviculaire. Il peut être fait contre résistance afin de faire une évaluation musculaire dans l'arc douloureux.
Neer Test : L’examinateur stabilise la scapula puis amène passivement le bras en élévation/flexion forcée, classiquement avec l’épaule en rotation interne. Le test est positif si cette manœuvre déclenche une douleur antéro-latérale de l’épaule, compatible avec un conflit sous-acromial.
Jobe Test : Le bras est placé à 90° d’abduction avec environ 30° de flexion antérieure dans le plan de la scapula, pouces tournés vers le bas. Le patient doit résister à une poussée vers le bas. Le test est positif en cas de douleur et/ou de faiblesse, ce qui suggère surtout une atteinte du supra-épineux et peut s’intégrer dans un tableau de conflit sous-acromial.
Re-resistée : Le coude reste au corps, fléchi à 90°, puis le patient effectue une rotation externe contre résistance. Le test est positif s’il provoque une douleur ou une faiblesse, orientant vers une atteinte des rotateurs externes — surtout infra-épineux et petit rond — et il fait partie des tests souvent utilisés dans les clusters de douleur sous-acromiale
Rupture massive de coiffe

Lag sign RE : Ce test recherche surtout une atteinte de la coiffe postéro-supérieure, en particulier infra-épineux et souvent aussi supra-épineux. Le patient est assis, le coude est fléchi à 90°, puis l’examinateur place l’épaule en rotation externe presque maximale. On demande ensuite au patient de maintenir cette position pendant que l’examinateur relâche le poignet en gardant le coude soutenu. Le test est positif si le bras “revient” en rotation interne ou s’il existe une chute angulaire : c’est le lag
Lag sign RI : Il s’agit du pendant en rotation interne, utilisé pour explorer surtout le subscapulaire. Le bras est placé derrière le dos en rotation interne maximale ; l’examinateur décolle passivement la main du dos, puis demande au patient de garder la position. Le test est positif si la main ne peut pas être maintenue et retombe vers le dos, ce qui traduit une faiblesse du subscapulaire.
Drop Arm : Ce test évalue surtout le supra-épineux. L’examinateur amène passivement le bras en abduction complète, puis demande au patient de redescendre lentement le bras vers le corps. Le test est positif si le bras tombe brutalement, ou si le patient ne parvient pas à contrôler la descente, parfois surtout sous les 90°.
Hornblower's Test: Ce test explore principalement le teres minor / petit rond. L’examinateur place le bras à 90° d’abduction dans le plan de la scapula, avec le coude à 90°, puis demande au patient d’effectuer une rotation externe contre résistance. Le test est positif si le patient n’arrive pas à maintenir ou produire la rotation externe, souvent avec une posture compensatoire caractéristique. Il est classiquement associé à une atteinte importante du teres minor.
Bilan Musculaire
Le bilan musculaire est une évaluation systématique de la force, de la flexibilité, de l'endurance et de la fonction des muscles d'un individu. Cette évaluation est essentielle dans divers domaines, notamment la médecine, la réhabilitation, le sport et la recherche scientifique. Elle permet de déterminer l'état de santé musculaire d'une personne et d'identifier d'éventuels déséquilibres ou faiblesses qui pourraient affecter sa performance ou sa qualité de vie.
Importance du Bilan Musculaire:
Un bilan musculaire est crucial pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il aide à détecter des anomalies musculaires qui peuvent être le signe de pathologies sous-jacentes. Par exemple, une faiblesse musculaire pourrait indiquer une neuropathie ou une maladie musculaire. De plus, dans le cadre de la réhabilitation, un bilan musculaire permet de suivre les progrès d'un patient après une blessure ou une chirurgie, en s'assurant qu'il retrouve sa force et sa fonctionnalité d'origine.
Méthodes d'Évaluation:
Pour réaliser un bilan musculaire, plusieurs méthodes peuvent être utilisées. Parmi les plus courantes, on trouve :
1. Tests de Force Musculaire : Ces tests mesurent la capacité d'un muscle ou d'un groupe de muscles à générer de la force. Ils peuvent être réalisés à l'aide de dynamomètres ou par des évaluations manuelles où le praticien oppose une résistance au mouvement du patient. (1 RM)
2. Évaluations de Flexibilité : La flexibilité est un aspect important de la santé musculaire. Des tests tels que le test de flexion avant permettent d'évaluer l'amplitude des mouvements d'une articulation, ce qui est essentiel pour prévenir les blessures.
3. Tests d'Endurance : L'endurance musculaire est la capacité des muscles à maintenir une contraction sur une période prolongée. Des exercices comme les pompes ou les squats peuvent être utilisés pour évaluer cette capacité.
4. Analyse Électromyographique (EMG) : Cette technique permet d'enregistrer l'activité électrique des muscles, offrant ainsi des informations précieuses sur leur fonctionnement et leur santé.
Applications Pratiques
Le bilan musculaire trouve des applications dans divers contextes. Dans le milieu sportif, il est utilisé pour optimiser les performances des athlètes en identifiant les points forts et les faiblesses musculaires. Les entraîneurs peuvent ainsi concevoir des programmes d'entraînement personnalisés qui ciblent spécifiquement les besoins de chaque athlète.
Dans le domaine médical, le bilan musculaire est souvent utilisé pour évaluer l'évolution des maladies neuromusculaires. Les médecins peuvent suivre la progression de la maladie et ajuster les traitements en conséquence. Pour les personnes âgées, un bilan musculaire peut aider à prévenir la sarcopénie, une perte de masse musculaire liée à l'âge, en mettant en place des programmes de renforcement musculaire adaptés.
Lésions associées
Le phénomène d'encoche Hill-Sachs est une lésion osseuse qui se produit généralement à la suite d'une luxation antérieure de l'épaule. Cette encoche se forme sur la surface postérieure de l'humérus, où l'os s'impacte contre le rebord glénoïdien pendant la luxation. Cette lésion peut entraîner une instabilité de l'épaule et augmenter le risque de récidive des luxations. Il est essentiel de diagnostiquer cette lésion par des examens d'imagerie appropriés, tels que des radiographies ou une IRM, afin de déterminer le meilleur plan de traitement, qui peut inclure la réhabilitation physique ou, dans certains cas, une intervention chirurgicale.
La fracture du tubercule majeur est une autre complication fréquente associée aux blessures de l'épaule, notamment lors de traumatismes importants. Le tubercule majeur est la proéminence osseuse située sur la tête de l'humérus, qui sert de point d'attache pour plusieurs muscles importants, tels que le supra-épineux, l'infra-épineux et le petit rond. Une fracture à cet endroit peut compromettre la fonction de ces muscles, entraînant une douleur intense et une limitation des mouvements. La prise en charge de cette fracture peut nécessiter une immobilisation, une rééducation ou même une intervention chirurgicale pour réaligner les fragments osseux et restaurer la fonction articulaire.
Les atteintes neurologiques sont des complications potentielles lors de blessures à l'épaule, particulièrement dans le cadre de traumatismes sévères. Ces atteintes peuvent résulter de lésions directes aux nerfs ou de l'inflammation qui peut survenir après une luxation ou une fracture. Les nerfs les plus fréquemment affectés incluent le nerf axillaire, qui peut entraîner une faiblesse dans l'abduction du bras, et le nerf radial, qui peut causer une incapacité à étendre le poignet. Un diagnostic précoce et un traitement approprié sont cruciaux pour minimiser les séquelles neurologiques et favoriser une récupération optimale.
Le labrum, qui est un fibrocartilage en forme de coupelle qui entoure la cavité glénoïdienne de l'épaule, joue un rôle fondamental dans la stabilité de l'articulation. Les lésions du labrum, telles que les déchirures, peuvent survenir lors d'événements traumatiques ou à la suite de mouvements répétitifs. Ces déchirures peuvent provoquer des douleurs, une instabilité de l'épaule et une diminution de la mobilité. Le traitement peut inclure des thérapies physiques pour renforcer les muscles environnants ou une chirurgie arthroscopique pour réparer le labrum et restaurer la stabilité de l'articulation.
Le bony Bankart est une lésion qui se produit lorsque le labrum glénoïdien est arraché avec une partie de l'os glénoïdien, souvent à la suite d'une luxation antérieure de l'épaule. Cette lésion est particulièrement préoccupante car elle peut entraîner une instabilité chronique de l'épaule, rendant les luxations futures plus probables. Le traitement du bony Bankart peut nécessiter une intervention chirurgicale pour reconstruire le labrum et stabiliser l'articulation, ce qui est essentiel pour prévenir des épisodes de luxation récurrents et restaurer une fonction normale de l'épaule.
La rupture de la coiffe des rotateurs est une blessure commune qui touche souvent les athlètes et les personnes effectuant des mouvements répétitifs au-dessus de la tête. La coiffe des rotateurs est composée de quatre muscles et tendons qui stabilisent l'épaule et permettent une large gamme de mouvements. Une rupture peut entraîner une douleur intense, une faiblesse musculaire et une limitation de la mobilité. Le traitement peut varier en fonction de la gravité de la rupture, allant de la réhabilitation physique à la chirurgie réparatrice, visant à restaurer la fonction et à réduire la douleur.
Rééducation
Gestion de l’irritabilité
Selon la phase
Diminution de la charge spécifique « load » dans un 1er temps
Augmentation de la charge spécifique ensuite pour dépasser le niveau initial
But de l’exercice
Force: MVC, endurance, régime de contraction, positions…
Flexibilité: étirements des structures, mobilités articulaires
Contrôle neuro-moteur, proprioception articulaire
Cible de l’exercice
Coiffe des rotateurs: post / ant
Scapula: trapèzes, serratus antérieur,…
Chaîne cinétique: tronc, membres infs, grip et cervicales
Capsulo-ligamentaire: capsule postérieure?.
Principe de KISS --> Keep/It/Simple/Stupid (faire simple)
Protocole de l'épaule instable
La prise en charge d’une épaule instable doit être progressive, individualisée et guidée par des critères cliniques plutôt que seulement par le temps. Elle vise à restaurer la fonction de l’épaule tout en diminuant la douleur, l’appréhension, le risque de récidive et les compensations scapulo-thoraciques. La rééducation doit tenir compte du type d’instabilité (antérieure, postérieure, multidirectionnelle), du contexte traumatique ou non, et du caractère opéré ou non de l’épaule.
Mobilité
Le travail de mobilité a pour objectif de récupérer des amplitudes fonctionnelles sans recréer de sensation d’insécurité. On recherche une mobilité gléno-humérale suffisante, une bonne mobilité scapulo-thoracique et une participation correcte du rachis thoracique. En début de prise en charge, il faut rester dans une zone sécurisée, surtout pour les positions qui majorent l’appréhension, puis progresser vers une exposition graduelle aux amplitudes plus exigeantes. Après stabilisation chirurgicale, les recommandations récentes suggèrent une progression prudente, avec mouvements dans une zone protégée au départ, amplitudes plus complètes à partir d’environ 4 semaines et travail résisté vers 6 semaines.
Concrètement, cela peut inclure des mobilisations passives ou actives-aidées, des glissements muraux, du travail de flexion/scaption, de la mobilité thoracique, ainsi qu’un recentrage sur la qualité du mouvement. Le but n’est pas d’obtenir rapidement “toute” la mobilité, mais une mobilité utile, contrôlée et non appréhendée.
Force
Le renforcement vise à restaurer la capacité des muscles à centrer la tête humérale et à contrôler les contraintes sur l’articulation. Les cibles principales sont la coiffe des rotateurs, le deltoïde, les fixateurs de la scapula — notamment dentelé antérieur et trapèzes — ainsi que la chaîne cinétique proximale, en particulier le tronc. Les travaux récents sur l’épaule soulignent l’intérêt d’un renforcement progressif associé à un bon contrôle moteur, plutôt qu’un travail “brut” de force isolée.
La progression suit en général cette logique : isométriques, puis travail concentrique/excentrique à faible charge, puis résistance élastique ou haltères légers, et enfin gestes plus dynamiques. On commence souvent dans des positions stables et peu provocatrices avant d’aller vers l’élévation, la rotation externe contrôlée, les exercices en chaîne fermée et les contraintes proches du geste sportif.
Stabilité
La stabilité correspond à la capacité de l’épaule à rester centrée et contrôlée pendant le mouvement et sous contrainte. Elle ne dépend pas seulement des structures passives, mais aussi d’un recrutement musculaire efficace et coordonné. En rééducation, cela passe par le travail de co-contraction coiffe-deltoïde, le contrôle de la scapula, la stabilité en chaîne fermée, les appuis progressifs, les transferts de charge et les exercices avec perturbations.
Cette phase comprend par exemple des exercices d’appui contre un mur, quadrupédie, déplacements de charge, stabilisations rythmiques, perturbations manuelles, puis gestes plus spécifiques comme rattraper un ballon, lancer léger ou travail en position à risque progressivement réintroduite. Les recommandations récentes insistent aussi sur l’exposition graduelle aux positions qui provoquent l’appréhension, car éviter durablement ces positions entretient souvent la peur et limite la récupération fonctionnelle.
Contrôle neuro-moteur
Le contrôle neuro-moteur est central dans l’épaule instable. Il correspond à la capacité du patient à percevoir la position de son épaule, anticiper les contraintes et produire un mouvement précis, fluide et sécurisé. Cela inclut la proprioception, le rythme scapulo-huméral, le timing musculaire, la coordination avec le tronc et la gestion de l’appréhension. Les données disponibles suggèrent qu’un travail orienté contrôle moteur peut apporter plus de bénéfices à court terme qu’un simple renforcement isolé dans plusieurs troubles musculo-squelettiques incluant l’instabilité d’épaule.
Dans la pratique, cela passe par des exercices de repositionnement articulaire, des mouvements lents et précis devant miroir, des tâches de suivi moteur, du travail avec ballon, des réactions à perturbations imprévues, puis des tâches plus complexes combinant épaule, tronc et regard. Chez les sportifs, cette étape évolue vers des exercices spécifiques au geste : lancer, réception, changements de direction du bras, décélération et reprise d’appui. La progression vers le retour au sport ou aux gestes exigeants doit intégrer mobilité, force, performance fonctionnelle et confiance psychologique.
Idée de progression clinique
En pratique, on peut résumer le protocole ainsi :
1. Restaurer une mobilité protégée,
2. Recréer la force de recentrage,
3. Développer la stabilité active,
4. Reprogrammer le contrôle neuro-moteur,
5. Réintroduire progressivement les gestes fonctionnels et sportifs.
La progression se fait si la douleur reste contrôlée, s’il n’y a pas de ressaut inquiétant, si l’appréhension diminue et si la qualité du mouvement reste bonne.
Protocole capsulite rétractile
La prise en charge d’une capsulite doit être progressive, individualisée et adaptée au stade clinique. L’objectif n’est pas seulement de “gagner des degrés”, mais de diminuer la douleur, restaurer les amplitudes, récupérer la fonction et réintroduire progressivement les gestes du quotidien. La capsulite évolue classiquement en phase douloureuse (“freezing”), phase de raideur (“frozen”) puis phase de récupération (“thawing”) ; la rééducation doit donc être ajustée à l’irritabilité du patient et non appliquée de manière identique à tous.
Mobilité
Le travail de mobilité est l’axe principal de la rééducation. En phase douloureuse, l’objectif est surtout de préserver une mobilité utile sans majorer la douleur : mouvements actifs aidés, auto-exercices doux, mobilisations prudentes, travail scapulo-thoracique et maintien des gestes fonctionnels simples. Quand l’irritabilité diminue et que la raideur devient dominante, on peut aller vers des étirements plus prolongés, des mobilisations gléno-humérales plus soutenues et un travail plus spécifique des amplitudes déficitaires. Les recommandations et revues récentes soutiennent une approche non invasive combinant exercices, thérapie manuelle et adaptation à la phase clinique.
La progression doit rester tolérable : dans une capsulite très irritable, “forcer” trop tôt peut entretenir la douleur et l’inhibition motrice. À l’inverse, dans une phase plus raide et moins inflammatoire, un travail plus appuyé sur la capsule et les étirements devient généralement plus pertinent. Des essais cliniques montrent qu’associer mobilisations articulaires et étirements améliore davantage la fonction et certaines amplitudes, notamment l’abduction et la rotation externe, que les étirements seuls.
Force
La faiblesse n’est pas toujours le problème initial majeur dans la capsulite, mais elle apparaît rapidement par désusage, douleur et perte de mobilité. Le renforcement a donc pour but de redonner à l’épaule une capacité fonctionnelle suffisante, sans provoquer de poussée douloureuse. On commence en général par des isométriques peu douloureux, puis par un travail progressif des rotateurs, du deltoïde et des muscles scapulaires dans des amplitudes bien tolérées.
Les données longitudinales montrent que la force musculaire, la douleur, la mobilité et la fonction évoluent ensemble dans la capsulite. En pratique, cela signifie qu’on ne cherche pas un renforcement “pur”, mais un renforcement intégré à la récupération des amplitudes et au contrôle du mouvement. Le travail de force devient plus structuré au fur et à mesure que la douleur baisse et que la mobilité revient.
Stabilité
Dans la capsulite, la notion de stabilité est différente de celle d’une épaule instable. Ici, l’enjeu est surtout de retrouver une épaule fonctionnelle, centrée et efficace, malgré la douleur et les restrictions capsulaires. Le travail porte sur le centrage gléno-huméral, la qualité du mouvement, le rôle de la scapula et la réintégration progressive des appuis et des charges du membre supérieur.
On utilise souvent des exercices en chaîne fermée simples, des transferts d’appui, des montées progressives en charge et des tâches fonctionnelles ciblées. Le but est d’éviter que le patient développe des compensations excessives, notamment scapulaires ou tronculaires, qui permettent de “faire le geste” mais entretiennent une biomécanique inefficace. Les études récentes sur l’évolution de la capsulite montrent justement des liens entre douleur, mobilité, force et cinématique scapulaire.
Contrôle neuro-moteur
Le contrôle neuro-moteur a une vraie place dans la capsulite, car la douleur prolongée modifie la manière de bouger l’épaule. Le patient développe souvent des stratégies d’évitement, une appréhension du mouvement et une mauvaise coordination scapulo-humérale. Le travail consiste alors à réapprendre un mouvement fluide, précis et moins protecteur, avec des exercices de placement, de guidage moteur, de recentrage et de perception articulaire.
Un essai randomisé de 2023 suggère que les exercices neuromusculaires peuvent apporter de meilleurs résultats que le renforcement classique sur la douleur et certaines amplitudes actives, notamment en flexion et en rotations. Cela soutient l’idée qu’en capsulite, il ne suffit pas de “muscler” l’épaule : il faut aussi retravailler la coordination, le rythme scapulo-huméral et la confiance dans le mouvement.
Idée de progression clinique
En pratique, on peut résumer le protocole ainsi :
1. Diminuer la douleur et préserver la mobilité utile,
2. Récupérer progressivement les amplitudes,
3. Restaurer la force fonctionnelle,
4. Reprogrammer le contrôle du mouvement,
5. Réintroduire les gestes de la vie quotidienne, professionnels et sportifs.
Cette progression doit être guidée par la tolérance, l’irritabilité, l’évolution de la raideur et la qualité du mouvement.
Protocole Tendinopathie
La prise en charge actuelle repose d’abord sur une rééducation active, progressive et individualisée. Les recommandations récentes placent l’éducation et l’exercice au centre du traitement conservateur, avec adaptation de la charge, des activités, des croyances du patient et des facteurs psychosociaux. Les données les plus récentes ne soutiennent pas l’idée d’un protocole unique “magique” : ce qui compte surtout est un programme actif, progressif, toléré, et ajusté aux objectifs fonctionnels.
Mobilité
Dans la tendinopathie, le travail de mobilité ne vise pas seulement à “gagner des degrés”, mais à restaurer une amplitude fonctionnelle, non menaçante et de bonne qualité, surtout en élévation et en rotation externe. La douleur de la coiffe est fréquemment associée à une baisse de performance musculaire et à des altérations cinématiques, notamment au niveau scapulaire ; la mobilité doit donc être retravaillée avec contrôle du mouvement et non en passif isolé uniquement.
En pratique, on privilégie des mouvements actifs ou actifs-aidés, la récupération de la flexion/scaption, le travail de rotation, la mobilité thoracique et la réduction des compensations de haussement d’épaule. La littérature récente suggère que les programmes incluant mobilisation/étirement de l’épaule peuvent améliorer douleur et fonction à court terme, mais sans démontrer une supériorité nette et constante sur tout autre type d’exercice bien conduit.
Force
Le renforcement progressif reste le pilier principal du traitement. Le guideline 2025 recommande un programme actif pouvant inclure résistance et/ou contrôle moteur comme traitement initial pour réduire douleur et incapacité. Les données 2026 montrent que les interventions comportant des exercices actifs ou du renforcement améliorent effectivement la force, avec des effets surtout sur la rotation externe, l’abduction, la rotation interne, la flexion et la scaption.
Concernant le dosage, les dernières synthèses ne montrent pas clairement qu’un travail lourd soit systématiquement supérieur à un travail plus modéré. De même, les exercices excentriques, scapulaires ou “spécifiques” peuvent être intéressants, mais leur supériorité n’est pas constante. En pratique, il est donc plus cohérent de proposer une progression de charge tolérable, reproductible et individualisée, plutôt que de chercher absolument un format unique.
Cliniquement, on peut progresser d’isométriques antalgiques ou de faibles charges vers un travail concentrique/excentrique, puis des charges plus fonctionnelles en élévation, rotation externe, abduction/scaption, avant d’aller vers l’endurance et la puissance si nécessaire. La progression doit être guidée par la réponse douloureuse, la qualité du geste et la récupération entre les séances. Le guideline souligne aussi que l’éducation doit couvrir l’intensité de l’exercice, la réponse à la douleur et l’auto-gestion.
Stabilité
Pour la tendinopathie, la stabilité correspond surtout à la capacité de l’épaule à rester centrée et efficace pendant le mouvement, grâce à l’action coordonnée de la coiffe, du deltoïde, de la scapula et du reste de la chaîne cinétique. Les recommandations de retour au sport rappellent que l’évaluation ne doit pas se limiter à la coiffe : il faut aussi considérer le tronc, le bassin, les membres inférieurs, ainsi que la capacité de charge du système dans son ensemble.
Le travail de stabilité comprend donc les appuis en chaîne fermée, les co-contractions, la stabilité scapulaire, les transferts de charge et l’intégration progressive de tâches plus dynamiques. Les données récentes suggèrent qu’un travail scapulaire ou de stabilisation peut améliorer certains résultats à court terme, mais sans preuve assez robuste pour l’imposer comme modèle unique à tous les patients.
La thérapie manuelle peut être utile comme adjuvant à court terme, surtout si la douleur ou la raideur freinent la participation au programme actif. En revanche, elle ne remplace pas l’exercice : son intérêt est surtout de faciliter la progression du mouvement et du chargement.
Contrôle neuro-moteur
Le contrôle neuro-moteur a pris plus de place dans les recommandations récentes. Les programmes de motor control — activation spécifique, contrôle neuromusculaire, stabilisation dynamique, proprioception, mouvements spécifiques — semblent améliorer la douleur et surtout l’incapacité à court et moyen terme, avec une légère supériorité probable sur les exercices non spécifiques dans certaines synthèses récentes.
Concrètement, cela signifie travailler la qualité du rythme scapulo-huméral, le contrôle de l’élévation, la diminution des compensations, la précision du mouvement, puis l’intégration dans des tâches fonctionnelles. Cela est particulièrement pertinent car la tendinopathie de la coiffe s’accompagne souvent d’altérations cinématiques et parfois de comportements douloureux inadaptés comme la kinésiophobie ou la catastrophisation.
Il faut toutefois nuancer : un essai randomisé important a montré que, chez certains patients, ajouter du contrôle moteur ou du renforcement à une bonne éducation ne donne pas forcément de meilleurs résultats que l’éducation seule. Cela soutient une logique de stepped care : certains patients ont surtout besoin d’être rassurés, guidés et remis progressivement en mouvement ; d’autres nécessitent ensuite un vrai travail structuré de charge et de contrôle moteur.
Idée de progression clinique
En pratique, on peut résumer le protocole ainsi :
1. Éduquer et moduler la charge,
2. Restaurer une mobilité fonctionnelle,
3. Recharger progressivement la coiffe et la scapula,
4. Développer la stabilité dynamique,
5. Réintégrer le contrôle neuro-moteur puis les gestes spécifiques.
Cette progression est plus pertinente quand elle est guidée par les critères — douleur tolérable, meilleure qualité de mouvement, récupération entre séances, montée de la capacité de charge — que par un calendrier rigide.
Bon à savoir
Mode | Ce qui se passe | Idée simple | Objectif principal |
Isométrique (tendon douloureux) | Le muscle travaille sans bouger | Calmer | ↓ douleur, ↓ irritation |
Concentrique (tendon rechargé) | Le muscle se raccourcit | Rebouger | ↑ force, ↑ contrôle moteur |
Excentrique (tendon adapté) | Le muscle s’allonge sous tension | Reconstruire | ↑ remodelage tendineux, ↑ tolérance à la charge |
1) Anatomie, biomécanique et rôle fonctionnel de l’épaule
Terry GC, Chopp TM. Functional Anatomy of the Shoulder. J Athl Train. 2000;35(3):248-255.
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Ladd LM, Crews M, Maertz NA. Glenohumeral Joint Instability: A Review of Anatomy, Clinical Presentation, and Imaging. Clin Sports Med. 2021;40(4):585-599.
2) Instabilité de l’épaule et tests cliniques associés
GIRD
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4) Conflit sous-acromial / douleur sous-acromiale / coiffe des rotateurs
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5) Rupture massive de coiffe, lag signs, drop arm, hornblower
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6) Lésions associées : Hill-Sachs, bony Bankart, tubercule majeur, atteintes neurologiques, labrum
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7) Rééducation de l’épaule instable
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8) Rééducation de la capsulite rétractile
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9) Rééducation de la tendinopathie de l’épaule / douleur liée à la coiffe
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